TY - JOUR KW - Critique et interprétation AU - Anne Larue BT - L’Information Littéraire CY - Paris IS - 2 LA - Français N1 -
C’est peut-être parce qu’elle est rebattue ad nauseam que la métaphore du theatrum mundi se prête à des « variations, à [des] interprétations toujours nouvelles » (p. 11). Alors que l’autosacramental de Calderón, Le Grand Théâtre du Monde, « se présente comme la version dramaturgique de ce qu’il est dit en chaire » (p. 12), le Saint Genest de Rotrou, qui ne démontre pas Dieu mais le théâtre, est « beaucoup plus éloigné du poncif originel » (idem), et l’Hamlet de Shakespeare « se passe de toute hypothèse religieuse » (idem). Alors que les textes dramatiques de Calderón et de Rotrou, malgré leurs différences, incarneraient la problématique du rapport entre le chrétien et la vie mondaine, et le même renoncement du premier à la seconde, la pièce de Shakespeare « peut tout à fait se lire comme une tragédie de l’incertitude » (p. 16) et montrerait « l’enfermement et la solitude de l’homme sur le plateau, écrasé entre un ciel vide et un enfer terrifiant » (idem). Ce qui, en revanche, rapproche Shakespeare de Rotrou c’est la technique du “théâtre dans le théâtre” : « trouvaille dramaturgique » ayant pour but de reformuler l’intrigue principale, de lui octroyer « une dimension d’ambiguïté » (p. 17) qui ferait défaut à la pièce de Calderón.
PB - Les Belles lettres PP - Paris PY - 1992 SP - 11 EP - 18 T2 - L’Information Littéraire TI - Le “théâtre du monde” : variations sur un thème ER -