TY - SER KW - Critique et interprétation AU - Léonce Person CY - Paris LA - Français N1 -

Selon l’auteur, ce fut grâce aux protecteurs de Jean Rotrou : les Soissons, les Longueville, les Liancourt, que le frère du dramaturge de six ans son cadet, Pierre de Rotrou de Saudreville, entra au service du maréchal de Guebriant, commissaire des guerres à l’armée d’Allemagne, en tant que secrétaire : « c’est Jean qui a donné Pierre à Guebriant ; c’est le poète qui a fait la fortune du [secrétaire] » (p. 42). Après la mort de Guebriant, le 24 novembre 1643, suite à une blessure reçue devant Rottweil, Pierre de Rotrou de Saudreville, se trouva en possession de plusieurs documents importants du maréchal. Ce furent en partie grâce à ces documents que Jean Le Laboureur écrivit la biographie de Guebriant. Toutefois, en s’appuyant sur des documents négligés par Le Laboureur, l’auteur est en mesure de « jeter quelque lumière » (p. 29) sur quelques épisodes méconnus ou corriger certaines affirmations du biographe. L’ouvrage s’achève sur un appendice où l’auteur offre une sélection des vers du jésuite Louis Cellot dont la tragédie latine Sanctus Adrianus a inspiré Rotrou pour l’épisode du Martyre d’Adrian de son Saint Genest (p. 108-117) ; un rapprochement de Cosroès avec le Chosroes de L. Cellot qui permet à l’auteur de confirmer un précédent verdict faisant du « chef-d’œuvre de Rotrou [...] l’une des tragédies les plus saisissantes et les plus originales de tout notre théâtre » (p. 123) ; une addition de deux représentations de Venceslas à la Comédie-Française en 1857 : le lundi 13 et le vendredi 17 juillet. « Maubant tenait le rôle de Venceslas ; Beauvallet jouait [...] Ladislas ; et Mlle Stella Colas [...] l’infante Théodore » (p. 123-124) ; outre L’Hypocondriaque, une farce de Louis Guyon aurait inspiré La Diète de Carmontelle dont l’auteur rapporte ici « les scènes les plus plaisantes » (p. 127). Alors que l’auteur apprécie le comique de « l’ingénieux Carmontelle » (p. 126), il juge Rotrou « sérieux et solennel ; les beaux sentiments et les beaux vers gâtent tout : l’éloquence continue ennuie » (idem).

PB - Léopold Cerf PP - Paris PY - 1883 TI - Les papiers de Pierre de Rotrou de Saudreville ER -