TY - ECHAP KW - Critique et interprétation AU - Joseph Vianey BT - Archives historiques, artistiques et littéraires : recueil mensuel de documents curieux et inédits : chronique des archives et bibliothèques CY - Paris LA - Français N1 -

L’auteur révèle les deux pièces italiennes dont s’inspira Rotrou pour La Sœur et pour La Pèlerine amoureuse : « la Pèlerine est imitée assez librement de La Pellegrina de Jérôme Bargagli ; La Sœur est tirée, à peu près scène pour scène, et dans chaque scène souvent phrase pour phrase, de La Sorella de Jean-Baptiste della Porta » (p. 241). Complétant les études de Léonce Person sur Venceslas et sur Saint Genest (Léopold Cerf, 1882) dans lesquelles celui-ci regrettait de ne pouvoir donner aucun renseignement sur les sources de La Pèlerine et de La Sœur, l’auteur estime que l’on doit maintenant retirer à Rotrou toute influence sur les scènes des Folies amoureuses de Regnard, où l’héroïne feint la démence pour se débarrasser de son tuteur, ainsi que sur Molière pour le second acte de Mélicerte, pour le début des Fourberies de Scapin et pour la plaisanterie du Bourgeois gentilhomme à propos de la traduction de Covielle du « Bel Men » du fils du Grand Turc. Afin de souligner les emprunts de Rotrou à La Sorella, l’auteur juxtapose quelques fragments traduits de la pièce italienne avec le texte correspondant de La Sœur de Rotrou (III, 4). Même s’il reconnaît que l’Ergaste de Rotrou « a plus de verve » que le Trinca de della Porta, qu’« il interprète avec plus d’esprit le silence du Turc » (p. 250), qu’il imagine de plaisantes hypothèses pour rendre vraisemblable son invention, qu’il est meilleur psychologue, l’auteur estime toutefois que la comédie « n’a pas dû coûter beaucoup d’efforts au poète qui en a trouvé toute la substance dans son modèle » (idem). L’auteur conclut son sévère examen en disant que sa découverte de La Sorella ruine l’argument de ceux qui, jusqu’alors, se basaient sur La Sœur pour décerner un certain « génie comique » à Rotrou.

Cet article a été republié sous forme de plaquette indépendante à Dole, Typographie Ch. Blind, 1891. Conservé à la BnF (Arts du Spectacle : 8-Rf. 7.081), un exemplaire de cette plaquette contient une lettre manuscrite de l’auteur datée du 24 juin 1909 de Montpellier qui indique que cette « note (bien ancienne) sur deux Sources de Rotrou […] a paru avant le livre de Stieffel [sic] sur Rotrou qui porte la même date ». L’auteur ne précise pas de quel livre il s’agit (très probablement de l’ouvrage d’Arthur Ludwig Stiefel, Unbekannte Italienische Quellen Jean Rotrou, publié lui aussi en 1891), mais indique que, puisqu’il existe « tout un livre et un bon livre sur Rotrou », il a décidé de diriger ses recherches « dans un autre sens ».

PB - Bourloton PP - Paris PY - 1891 SP - 241 EP - 250 T2 - Archives historiques, artistiques et littéraires : recueil mensuel de documents curieux et inédits : chronique des archives et bibliothèques TI - Deux sources inconnues de Rotrou ER -