TY - JOUR KW - Critique et interprétation AU - Christian Biet BT - Littératures Classiques CY - Toulouse DA - 01/1992 LA - Français N1 -

Avec Antigone (1638), Rotrou aurait, d’une part, « pour dessein affiché d’écrire une pièce sur le pouvoir, propre à concurrencer Le Cid, son succès et ses querelles » (p. 66) et, d’autre part, et c’est l’objet de cet article, de mettre en scène à travers deux crises tragiques distinctes « une réflexion sur les droits fondamentaux qui régissent les humains » (p. 67). Grâce aux points de vue défendus par certains protagonistes de la pièce, les lois ressortissant à une source juridique théoriquement indiscutable et absolue : le droit divin et le droit naturel, apparaissent finalement relever d’un droit humain et apparaissent par conséquent relatives, variables en fonction des circonstances. « Le droit, qu’il soit divin, naturel ou humain est alors lié au monde des apparences » (p. 77) et c’est grâce au sacrifice d’Antigone et d’Hémon, « sujets libérés » (p. 81) et donc en mesure de juger, que « le pouvoir monarchique sera sauvé et à nouveau relié à la loi divine et à la loi naturelle » (p. 79). Selon l’auteur, la tragédie apporterait la démonstration que pour être légitime le pouvoir « doit lier en la personne du souverain la loi divine, la loi naturelle et les lois humaines en les rendant hiérarchiquement dépendantes les unes des autres » (p. 82).

Article repris dans la section « Antigone ou la nature du pouvoir royal », dans Œdipe en monarchie. Tragédie et théorie juridique à l’âge classique, Paris, Klincksieck, 1994, p. 177-199.

PB - Presses Universitaires du Midi PP - Toulouse PY - 1992 SP - 65 EP - 83 T2 - Littératures Classiques TI - Droit divin, droit naturel et droit humain dans Antigone de Jean Rotrou VL - 17 ER -