TY - ECHAP KW - Critique et interprétation AU - Jacques Morel BT - Agréables mensonges. Essais sur le théâtre français du XVIIe siècle CY - Paris LA - Français N1 -
Si par sa violence et par le caractère excessif de ses personnages l’Hercules Œateus de Sénèque a été en mesure d’inspirer des dramaturges du début du XVIIe siècles français, comme Jean Prevost, Pierre Mainfray et Jean Rotrou, ce sont également les techniques dramatiques de la pastorale et de la tragi-comédie italiennes et espagnoles qui vont nourrir le théâtre de ces successeurs de Hardy et de Montchrestien. L’auteur remarque cependant que L’Hercule mourant de Rotrou est supérieur aux adaptations de ses rivaux et qu’il est important du fait qu’il constitue, avec la Sophonisbe de Mairet, l’« une de nos premières tragédies classiques » (p. 353). À l’égard de son modèle latin, Rotrou s’est montré moins désinvolte que Mainfray, mais plus libre que Prevost : il s’est évertué à soigner l’ensemble des personnages de la pièce, dont en particulier Iole ; il a mis en action tout ce qui pouvait bénéficier de la présentation directe ; il s’est livré à une « réorganisation rationnelle et dramatique » (p. 355) des scènes ; il a supprimé les longues énumérations et, si l’on en croit le Mémoire de Mahelot, il en a fait « un spectacle grandiose » (idem). Enfin, à l’éthique de la grandeur stoïcienne qu’illustre le héros de Sénèque, Rotrou a fait d’Hercule « un pécheur par amour appelé paradoxalement à la sainteté » (p. 358).
Article initialement publié sous le titre : « L’Hercule sur l’Oeta de Sénèque et les dramaturges français de l’époque de Louis XIII », dans Jean Jacquot, éd., Les Tragédies de Sénèque et le théâtre de la Renaissance. Paris, Éditions du CNRS, 1964. P. 95-111.
PB - Klincksieck PP - Paris PY - 1991 SP - 343 EP - 359 T2 - Agréables mensonges. Essais sur le théâtre français du XVIIe siècle TI - De Sénèque à Rotrou ER -