Comédie et société sous Louis XIII. Corneille, Rotrou et les autres. Préface de Bernard Dort
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1983
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Français
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Nizet
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| City |
Paris
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Proposant une analyse thématique de l’imaginaire des comédies représentées entre 1630 et 1640, et étudiant les rapports du genre avec la pastorale et la tragi-comédie, l’auteure distingue « Une dramaturgie de l’imaginaire » (p. 53-105), reflet de l’idéologie aristocratique imprégnant la pastorale et la tragi-comédie, et « Une dramaturgie du quotidien » (p. 107-177), reflet idéologique d’une société lui ayant servi de modèle. Alors que les neuf comédies de Rotrou de cette période s’inscriraient dans la première catégorie, celles de Corneille, à l’exception de L’Illusion comique, illustreraient la seconde, en particulier sa composante dite « comédie noble », dont La Place royale serait l’aboutissement. Les Vendanges de Suresnes de Du Ryer, Le Railleur de Mareschal et Alizon de Discret caractériseraient pour leur part l’autre composante de la catégorie : la « comédie bourgeoise ». Rappelant par sa thématique et par son ton le théâtre populaire du Moyen-ge, la comédie de Mairet, Les Galanteries du Duc d’Ossonne, « la plus audacieuse et la plus amusante de son temps » (p. 220), échapperait au schéma proposé. « Dans un temps et un espace qu’il remplit à lui seul » (p. 118), l’amour acquiert chez Rotrou une intensité dramatique qu’il n’a pas chez Corneille où il ne serait qu’« un passe-temps agréable, inessentiel » (p. 118). Contrairement à la révolte dont fait souvent preuve son homologue rotrouesque, l’héroïne cornélienne « prône la soumission et l’obéissance » (p. 96). Comme pourrait le suggérer le rôle dévolu aux parents plus important chez Corneille que chez Rotrou, le théâtre du premier manifesterait une coopération trans-générationnelle à l’égard des règles sociales que refuserait le théâtre du second. Insistant sur l’importance du déguisement (p. 71-76) et notant le dynamisme des héroïnes rotrouesques (p. 78), l’auteure estime que Rotrou « a certainement le mieux illustré la thématique de l’amour contrarié en lui conservant, le plus souvent, le milieu dans lequel elle est née, le cadre champêtre » (p. 59). Ainsi, dans la problématique de l’amour et de l’argent mise en scène dans La Diane de Rotrou et dans La Suivante de Corneille, c’est la comédie de Corneille qui en dirait le plus sur le XVIIe siècle, la comédie de Rotrou laissant « une impression profonde d’irréalité » (p. 141). |
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