Rotrou’s Problematical Tragedies

Reference Type Book Chapter
Year
1982
Author
Author: Derek Watts
Book Title
Form and Meaning: Aesthetic Coherence in Seventeenth-Century French Drama. Studies Presented to Harry Barnwell
Language
Anglais
Pagination
75-91
Publisher
Avebury Publishing Company
City
Amersham, Royaume-Uni
Keywords
Notes

Passant en revue les huit textes dramatiques de Rotrou qualifiés de tragédies, l’auteur émet plusieurs doutes quant à la pertinence générique de ces pièces qui empruntent beaucoup plus au genre de la tragi-comédie qu’à celui de la tragédie, telle du moins que la définissent Henry T. Barnwell (The Tragic in French Tragedy, 1966) et Roy C. Knight (« A Minimal Definition of Seventeenth-Century Tragedy », 1956). Quelle que soit la dénomination générique de la pièce, Rotrou a recours aux mêmes ressorts dramaturgiques (hasard, déguisement, illusion, Providence) et son dessein n’est pas la vraisemblance mais le divertissement du public « notoriously unintellectual » de l’Hôtel de Bourgogne (p. 75). Si son Hercule mourant (1634), « a curious hybrid » (p. 77), marque sans doute l’émergence de la tragédie régulière en France, l’auteur suggère que Rotrou n’est peut-être pas très doué pour ce genre dramatique et remarque qu’il passe allègrement le flambeau à Mairet, à Scudéry et à Corneille : « The “tragi-comedian” Rotrou is visibly ill at ease when faced with the more rigorous aesthetic demands of tragedy » (p. 79). À l’exception de Cosroès, « a perfectly “regular” and coherent tragic drama » (p. 87) en mesure d’octroyer à son auteur la « third place among the practitioners of French classical tragedy » (p. 88), ses autres soi-disant tragédies mettraient souvent en scène des personnages stéréotypés dépourvus de toute liberté individuelle, « an essential pre-requisite of tragedy » (p. 78), et dont les éventuelles transformations psychologiques seraient davantage le fait d’une espèce de deus ex machina que d’un raisonnement logique. Après Cosroès, Rotrou renoue avec la tragi-comédie (Don Lope de Cardone), et l’auteur subodore que si la peste n’avait pas eu raison du dramaturge celui-ci n’aurait probablement pas produit de notables tragédies étant donné que ses pièces ne présentent aucune « consistent and meaningful vision du monde, convincingly translated into dramatic terms » (p. 88). En accord avec Joseph Morello (Jean Rotrou, 1980, p. 153), l’auteur conclut que Rotrou, à la différence des grands auteurs de son temps, ne possédait nulle vision cohérente et sophistiquée de la condition humaine.

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