Rotrou entre les lignes : la régie du spectacle à travers les didascalies

Reference Type Conference Proceedings
Year of Conference
2007
Author
Conference Name
Le théâtre de Rotrou; Littératures Classiques
Vol.
63
Pagination
159-170
Language
Français
Publisher
Presses Universitaires du Midi
Conference Location
Centre d’Études Supérieures sur la Renaissance, Tours
Keywords
Notes

Article provenant des actes du colloque international "Rotrou, figure majeure du théâtre baroque européen" (Centre d’Études Supérieures sur la Renaissance, Tours, 15-17 juin 2005). Colloque organisé par Pierre Pasquier, Georges Forestier et Julia Gros de Gasquet.

Bien que l’attribution des didascalies imprimées demeure problématique et que l’on sache que Rotrou ne se souciait guère de l’impression de ses textes dramatiques, « la cohérence du système didascalique » (p. 159) que remarque l’auteure tout au long des 35 pièces du dramaturge drouais permet d’affirmer que ce dernier, « particulièrement soucieux des effets scénique associés au dialogue » (idem), offre une écriture didascalique d’une plus grande efficacité dramatique que celle de ses contemporains (p. 167). En étroite complémentarité avec le discours des personnages, les indications scéniques demandent aux comédiens d’investir tout leur corps afin de « représenter l’action et pour rendre visibles les passions » (p. 160) et, par le langage des regards qui complète souvent celui des gestes, les didascalies permettent aussi « d’inscrire dans le texte la connivence qui s’établit entre les spectateurs et certains personnages » (p. 165). Rappelant le théâtre espagnol et anglais, cette pratique didascalique n’est certainement pas étrangère aux rapports que Rotrou entretenait avec les comédiens de l’Hôtel de Bourgogne et lui permettait « de remédier en partie à la perte des charmes de la représentation en réinscrivant dans le texte un spectacle qui fait pleinement partie du sens » (p. 168). Une analyse des didascalies implicites, i.e. les indications scéniques contenues dans le discours des personnages, donnerait des résultats identiques ; voir à ce sujet Jean-Claude Vuillemin, « La parole en différé », dans Baroquisme et théâtralité : le théâtre de Jean Rotrou. Paris-Seattle-Tübingen, PFSCL-Biblio 17, 1994. P. 193-203.

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