Distance antique et réalité scénique en 1646 : les véritables habits “à la romaine” dans Le Véritable Saint Genest

Reference Type Conference Proceedings
Year of Conference
2007
Author
Conference Name
Le théâtre de Rotrou; Littératures Classiques
Vol.
63
Pagination
197-206
Language
Français
Publisher
Presses Universitaires du Midi
Conference Location
Centre d’Études Supérieures sur la Renaissance, Tours
Keywords
Notes

Article provenant des actes du colloque international "Rotrou, figure majeure du théâtre baroque européen" (Centre d’Études Supérieures sur la Renaissance, Tours, 15-17 juin 2005). Colloque organisé par Pierre Pasquier, Georges Forestier et Julia Gros de Gasquet.

C’est à la lumière de la terminologie picturale de l’époque et des renseignements tirés de certains inventaires après décès que les auteurs analysent l’épisode entre le comédien et son décorateur qui ouvre le second acte de Saint Genest. Subodorant que cela puisse résulter d’une différence de statut entre le peintre, regardé comme un artiste, et le comédien, encore considéré comme un artisan, les auteurs soulignent l’écart entre la représentation de l’Antiquité telle que la présente la peinture et telle qu’elle est figurée par les costumes des acteurs. Contrastant avec la vision historique que donne à voir le décor, les costumes des comédiens, « aux couleurs vives et rehaussés de parures qui les font briller à la lumière des chandelles » (p. 200), sont ceux du XVIIe siècle. À la couleur locale de la peinture paraît ainsi s’opposer l’efficacité scénique de costumes somptueux et riches en « dentelles, rubans, plumes, passements d’argents » (idem). Mais, prétendument soumis aux contraintes de l’hétérochronie, les spectateurs n’auraient été nullement gênés par cet écart puisque, du moins selon Thomas Pavel, les individus du XVIIe siècle, « grands experts en migrations symboliques », étaient « régis par le besoin de vivre dans plusieurs époques à la fois » (L’Art de l’éloignement, p. 23, cité p. 204).

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