Recueil factice: « “Le Véritable Saint Genest” tragédie de Jean Rotrou » [BnF: 7.040]

Reference Type Miscellaneous
Year
1963
Date of Publication
01/1886
Language
Français
Author
Place Published
Bibliothèque nationale de France, Paris
Keywords
Notes

Conservé au Département des Arts du spectacle de la BnF, ce recueil factice est intitulé de façon manuscrite sur la couverture extérieure : « “Le Véritable Saint Genest” tragédie de Jean Rotrou », puis sur une couverture intérieure : « Saint Genest de Jean Rotrou — 4 pièces ». Ce recueil contient :

1/. Une fiche manuscrite : Jean Rotrou’s / Saint Genest / and / Venceslas / edit. with intr. & notes / by/ Thomas Fred. Crane… / Boston-N. York . Chicago London / Gerin & Cy. / [1907] / Voir à St Genest / (édit).

Une correction en bleu indique en haut à droite : édon 1907 et corrige St Genest en bas de page par /Venceslas/.

2/. Un programme concernant Le Véritable Saint Genest donné à l’Odéon le 8 janvier 1909 [date manuscrite], dont le directeur était alors André Antoine.

      Ce programme donne un résumé par acte de la pièce, la liste des comédiens (M. Joubé dans le rôle de Genest, Mme Barjac dans celui de Marcelle et, dans le rôle de Camille, Mme Beylat, dont une photographie en pied orne la couverture de ce programme) et fait état d’une conférence de M. Bernardin. [Il s’agit vraisemblablement de la conférence répertoriée plus haut, publiée sous le titre : « Le théâtre de Rotrou : Le Véritable Saint Genest », dans la Revue Hebdomadaire des Cours et Conférences, 11, 21 janvier 1909, p. 481-498].

3/. Plusieurs articles de presse illustrés de photographies.

- Le premier de ces textes est une chronique de Louis de Grammont concernant le Saint Genest donné à l’Odéon en 1909, les autres articles sont inhérents au Saint Genest donné les jeudis 28 mars, 4, 18 et 25 avril 1963 au Théâtre de Paris, lors des soirs de relâche de La Grande Oreille. Ce Saint Genest, avec Pierre Debauche dans le rôle titre, avait été créé lors du Festival du jeune Théâtre de Liège par le metteur en scène péruvien Rafaël Rodriguez.

- Louis de Gramont, « Un oublié », La France de Bordeaux et du sud-ouest, 31 janvier 1909.

Dans sa chronique, l’auteur sait gré à Antoine d’avoir accueilli Saint Genest à l’Odéon, et affirme que Rotrou a défendu Corneille lors de la querelle du Cid et que Molière lui doit beaucoup.

- Anonyme, « Saint Genest au Théâtre de Paris. Un Rotrou oublié et dépoussiéré », Combat, 5 avril 1963.

        L’auteur qualifie Saint Genest de « tragi-comédie baroque » et remarque que Rafaël Rodriguez « l’a dépoussiéré et modernisé à l’extrême ». Le document montre une photo de Pierre Debauche et Dominique Jayr.

- Gilles Sandier, « Saint Genest révèle un metteur en scène : Rafaël Rodriguez », Arts, 10 avril 1963.

        « Ce n’est pas un spectacle réussi, mais c’est un spectacle important ». Une photo donne une idée de la scénographie et, surtout, des costumes.

- J-L. G., « La tragi-comédie de Rotrou, Saint Genest enfin montée ! », Combat, 20 mars 1963.

        Déplorant que la France soit « le seul pays d’Europe à tout ignorer de son Moyen Age [sic], pourtant l’un des plus riches », l’auteur a la bonne idée de donner la parole à Rafaël Rodriguez afin que ce metteur en scène expose les raisons qui l’ont poussé à monter la tragédie de Rotrou. « Cette pièce-là […] est extraordinaire, en ce sens au moins qu’elle caractérise à elle seule un style : le baroque, et une époque : celle qui s’étend à peu près de 1580 à 1670. Elle en a l’emphase et l’exagération, le goût de l’horreur, […], le sens du théâtre. [….] “Saint Genest”, loin d’être une tragédie classique mal conçue, est un chef-d’œuvre dramatique baroque ». Une photo montre Pierre Debauche et René Farabet.

- Jean Vigneron, « Saint Genest. Une tragédie chrétienne », La Croix, 12 avril 1963.

        L’auteur approuve que l’on ait monté Saint Genest mais critique « cette volonté de baroque à tout prix » qu’il croit déceler dans la mise en scène, les décors et la diction des interprètes qu’il juge « hallucinant[e] ». Cela dit, l’auteur convient que « la tragédie de Rotrou ne manque ni de force, ni de puissance dramatique, ni de beautés — même surchargées — d’écriture. On y compte par dizaine des alexandrins dignes de Corneille. » Il eût été intéressant d’avoir l’opinion de l’auteur sur la diction dite “baroque” d’Eugène Green et consorts.

- H. N., « Saint Genest au Théâtre de Paris », Libération, 13 avril 1963.

        « Les grands classiques ont étouffé les pièces de style baroque », remarque l’auteur qui juge « excellents » la mise en scène, les costumes et les acteurs de cette production résolument moderne de Saint Genest qui franchit allègrement les frontières et les siècles.

- Anonyme, « Saint Genest », Nouvelles Littéraires, 18 avril 1963.

        L’auteur estime que lorsque Rodriguez — qualifié à plusieurs reprises d’« animateur » — aura constitué une troupe homogène « nous donnera sans doute des spectacles intéressants ». Pour l’instant, même si son Saint Genest n’est pas une réussite, il « mérite sûrement de retenir l’attention ».

- Bernard Poirot-Delpech, « Saint Genest de Rotrou », Le Monde, 18 avril 1963.

        En dépit des « trouvailles » de Rotrou, Saint Genest aurait « trop de difformités, d’obscurités et de négligences pour quitter le second rayon. Le pire a caché le meilleur ». Quant à « cette espèce de terrorisme maniéré » que serait la mise en scène de Rodriguez, elle relèverait des « vertiges de la jubilation baroque » prisés par les nouveaux metteurs en scène de théâtre et de cinéma.

- Jacques Lemarchand, « Saint Genest de Rotrou », Le Figaro Littéraire, 27 avril 1963. [p. 18]

        Extrait de l’article : « Saint Genest de Rotrou, La Farce de Vahé Katcha », ce texte fait état d’un spectacle « fort étrange et qui propose au spectateur bien des raisons de s’irriter et bien des occasions d’applaudir. » Après avoir affirmé que « le style et la prosodie de Rotrou sont, en comparaison de ceux de Corneille, d’un archaïsme tel que le Saint Genest semble appartenir aux premières années du siècle », et estimé que les « décors d’un baroque extrême de Mme Laura Toll » et le parti-pris de modernisme de Rodriguez relèvent de la « provocation juvénile et toute vaine », l’auteur reconnaît que la pièce est tout de même intéressante grâce au dédoublement qu’elle met en scène et au regard qu’elle autorise dans les coulisses d’un théâtre du XVIIe siècle.

4/. Léonce Person, « Le Véritable Saint Genest de Rotrou et Le Fingido Verdadero de Lope de Vega », extrait de la Revue d’Art Dramatique, janvier-mars 1886, p. 272-278.

L’auteur reprend ici l’essentiel de l'analyse faite dans son Histoire du Véritable Saint Genest (Léopold Cerf, éditeur, 1882). Voir dans l’entrée L. Person, le compte rendu de cet article et de cet ouvrage.

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