Venceslas, Tragédie de Rotrou, retouchée et remise au Théâtre. À Paris, chez Sébastien Jorry, vis-à-vis La Comédie-Française

Reference Type Newspaper Article
Year
1759
Author
Newspaper
Le Mercure de France
Pagination
117-130
Issue Date
01/1759
Language
Français
City
Paris
Keywords
Notes

Réponse de l’auteur aux « injures et faussetés » de Fréron [dans « Venceslas », L’Année Littéraire, 14 mai 1759] au sujet des changements qu’il a jugé opportun d’apporter à Venceslas. Étant donné qu’avec le passage du temps, non seulement la langue mais aussi le goût ont changé, l’auteur estime qu’« [a]vec moins de talents que Rotrou » il lui était possible de « corriger son ouvrage » (p. 117). « […] des traits qui n’étaient pas trop forts pour le siècle de Rotrou [comme en particulier le caractère excessif de Ladislas], peuvent être révoltant pour le nôtre ; et ce qui était toléré dans l’ancien Venceslas, eût été condamné avec raison dans Venceslas nouvellement retouché » (p. 129). L’auteur précise qu’il a conservé « tous les beaux vers de Rotrou » (p. 118) et qu’il a imité sa manière dans les vers ajoutés ou retouchés. « Le Public a témoigné qu’il était satisfait de mon travail » (p. 117). Le dénouement de la pièce de Rotrou — qualifiée pour cela de tragi-comédie et non de tragédie —, entre autres archaïsmes, « n’était plus supportable au Théâtre » (p. 123), et l’auteur explique sa décision de le transformer : « Dans la vue de soutenir le caractère de Cassandre et de punir le crime de Ladislas, autant qu’il dépendait de moi, j’avais donc supposé qu’au moment où elle apprenait le triomphe du meurtrier d’Alexandre, elle se donnait la mort ; j’avais tâché de rendre ses dernières paroles aussi accablantes qu’il était possible pour le coupable couronné » (p. 124). Les spectateurs, pour qui le crime était oublié et dont « les cœurs étaient attendris et satisfaits » (idem), n’ayant pas apprécié le retour intempestif de l’héroïne, l’auteur choisit de ne pas la faire apparaître à la fin de la pièce. L’auteur précise qu’il a ajouté quelques beautés au rôle de Théodore en la rendant un peu plus pathétique lorsqu’elle tremble pour la vie de Ladislas : « La prière de Théodore aux pieds de Venceslas a paru touchante, et l’Actrice l’a fait applaudir » (p. 126), et qu’il a donné au Duc davantage de générosité : « c’est, je crois, le plus heureux de tous les changements que j’ai faits à cette Pièce » (idem).

Download citation